Submitted by admin on Wed, 03/21/2018 - 13:41

Beaucoup de gens le disent, la RDC est un poids lourd en Afrique subsaharienne. Sur base de quoi la RDC est-elle poids lourd. Elle a perdu son poids sur la balance. Rwanda l'a supplantée. La RDC poursuit à peine son envol vers la démocratie et vers une reconstruction économique et sociale. Sa population est assise sur les minerais; mais la population respire l'air pauvre sans bouffée d'oxygène. La forte croissance observée entre 2010 et 2015 n’a pas entraîné un développement des capacités productives, ni une transformation structurelle de l’économie. Où est parti l'argent d'impôts et taxes versés par les entreprises extractives des minerais. Chaque jour qui pointe à l'horizon, cause la destruction des routes déjà dépravées : les trucks ne font que le défilé devant l'admiration de ce peuple sans voix pour s'exprimer.

L’exploitation de l’énorme potentiel économique nécessite encore de profondes réformes en matière de bonne gouvernance, la construction d’infrastructures, la diversification de l’économie et la mise en place d’un environnement juridique favorable aux investissements.

En 2016, la croissance économique en RDC (2,2%), avait continué à décélérer par rapport à 2015. Depuis le début de l’année 2017, la croissance économique redémarre avec une hausse du PIB, estimée entre 2% et 4 % pour 2017 selon les sources (BM, FMI, BAD); le PIB pourrait ainsi franchir les 40 milliards USD en 2017. Pourtant, depuis le début de l'année, la population et les acteurs économiques subissent une chute de 10% du taux de change, une forte inflation de 12%, une situation politique instable et un climat des affaires encore morose et peu transparent. Les différents secteurs économiques subissent toujours les conséquences des insuffisances en matière d’infrastructures ainsi que l’augmentation des prix des produits importés, tel que le carburant. Les cours du cuivre et du cobalt, principales exportations de la RDC, continuent leur progression avec une évolution croissante, respectivement de 5% et 65% sur le premier trimestre 2017. Cela ouvre une perspective d'augmentation de la production de ces minerais en cours d'année, laissant espérer des rentrées fiscales croissantes en 2017 et surtout en 2018. Malgré un accord politique signé le 31.12. 2016, (accord de la « Saint Sylvestre ») prévoyant des élections présidentielles en décembre 2017, beaucoup d’incertitudes règnent quant à la volonté politique de réaliser ce scrutin. Le nouveau gouvernement, mis en place le 16 mai 2017, est contesté par l’opposition et une partie de la société civile.

Depuis le début de l’année, les dépenses du gouvernement sont hors de contrôle pour une bonne majorité des ministères. La résolution de cette situation alarmante ne pourra se faire sans l'appui financier des institutions de Bretton Woods; mais cet éventuel appui ne se fera pas sans conditions, qu'elles soient politiques (respect de l'accord politique de la « Saint Sylvestre ») ou économiques (mobiliser les ressources domestiques et réformer les finances publiques). Il faudra donc une volonté politique claire et démontrée, ce qui fait actuellement défaut.

Le taux de croissance du PIB pour l’année 2017 se situerait entre 2% et 4% selon les grandes Institutions financières (4,9 % selon la Banque Centrale du Congo-BCC-). Cette évolution positive de la croissance s'explique par le regain d'activité dans le secteur extractif et la hausse des cours du cuivre et du cobalt. L'évolution favorable des cours devrait entrainer à terme une augmentation de la production et des investissements dans les domaines de l'exploration ou de la production dans le secteur extractif.

Cette embellie est cependant fortement dépendante de la demande, notamment de celle des industries américaine et chinoise. En effet, 41% des exportations du cuivre de la RDC sont destinés à la Chine. Le secteur secondaire serait l'autre contributeur significatif de la croissance économique de la RDC en 2017. Ceci s'explique par une certaine reprise dans la construction grâce entre autres aux nouvelles cimenteries 2 congolaises. Le secteur tertiaire qui avait pourtant soutenu la faible croissance de 2016 devrait quant à lui se tasser en 2017.

Le climat des affaires reste morose et peu transparent, dominé par la corruption, le harcèlement fiscal et l’insécurité juridique et judiciaire. Dans l’édition 2017 du rapport Doing business de la Banque Mondiale, la RDC est classée 184ème au niveau mondial sur 190 pays. Le rapport note des progrès en matière d’obtention de permis de construire et de raccordement à l’électricité, mais un recul ou une stagnation dans tous les autres domaines. Le gouvernement a bien entrepris ces dernières années une série de réformes visant, de manière globale, à améliorer le climat des investissements : l’adhésion à l’OHADA, la mise en place d’une charte des PME et d’une direction générale de la création d’entreprise, la réduction du taux global d’imposition et du coût d’exécution des contrats.

Toutefois, ces réformes ne sont pas encore suffisamment mises en œuvre. Malgré l’adoption de lois (Code minier, Code des hydrocarbures, Code forestier), l’adjudication des concessions reste opaque.

La RDC y est classée 156ème sur 176 pays, figurant ainsi parmi les pays les plus corrompus de la planète.