Submitted by admin on Mon, 03/19/2018 - 10:36

Pillage des ressources naturelles en République Démocratique du Congo

Ce n'est pas de tabou de se taire. Et il ne sert à rien de dire quoique ce soit sur le pillage des ressources naturelles du Congo Démocratique.  D'un coup d'œil, mettez-vous sur la route qui serpente les collines et les plaines vers la Zambie et commencez à compter les trucks qui ont enterré le chemin de fer et vous comprendrez que le peuple Congolais dort encore sur son lit de malade. Il continue à dormir, de sa manière,  72 heures au lieu de 6 à 8 heures par jour comme dort un homme normal.

Le long de route Kasumbalesa, vers la Zambie, de centaines de trucks transportant les minerais provenant de la République Démocratique du Congo, s'alignent de deux côtés et créent l'embouteillage et provoquent les accidents toujours mortels. Les véhicules, au lieu de parcourir une heure et demi sur cette route, font toute journée. Vous pouvez descendre de votre voiture, arrangez vos casseroles et préparez à manger si vous en avez possibilité. Et le prix de denrées montent aux les marchés de Lubumbashi, car les marchandises traînent sur la route. Certains marchands perdent leurs marchandises dites périssables. Avec le temps qui court, évitez d'aller acheter les poissons frais en Zambie, risquez de tout perdre, à moins d'avoir un véhicule frigorifique.

Les minerais, ces derniers temps, font des riches qui viennent de tous les horizons du monde tout en appauvrissant la population dont le sous-sol les produit. C'est le cas de Monsieur Dan Gertler qui a fait des amis parmi les gouvernants congolais. Il est devenu leur financier afin d'exploiter à moindre coût les ressources naturelles. Et il est devenu intouchable et c'est lui qui régule la politique dans ce pays.

Qui est ce Monsieur qui se fait passer comme un contrebandier de premier rang?

C'est le droit des congolais de connaître celui qui a pillé et qui le combat.  

Monsieur Dan Gertler est le petit-fils de Moshe Shnitzer, un juif roumain émigré en Israël, co-fondateur en 1947 et premier président de la bourse de diamants en Israël qui porte son nom. Sa mère est la gérante d'une station de radio pop, et son père, après avoir été le gardien de but dans l'équipe professionnelle de Mackabi à Tel-Aviv,  devient vendeur de diamants. Son oncle, Shmuel Schnitzer, était le président de la fédération mondiale des bourses de diamants de 2002 à 2006.

À l'âge de 22 ans, tout jeune et sans expérience, devient marchand des diamants bruts comme son grand-père Shnitzer. Il voyage à travers les pays africains : Angola, Libéria et parcours aussi les Etats-Unis, L'Inde et l'Israël pour acheter et vendre des diamants. C'était facile d'attiser le feu au Libéria en vendant les armes contre les diamants. Les Libériens le traitent de vampire, suceur de sang. Il a violé l'embargo en procurant les armes au pays non éligible dans des années 1990.

Ses aventures en République Démocratique du Congo

En 1997, à la recherche de fortune au Zaïre, pays en guerre, Dan Gertler, à l'âge de 23 ans alors, foula le sol congolais. Et habitué à coopérer avec les dirigeants lorsque la guerre éclate dans un pays pour fournir les armes contre les matières premières. Il avait vu Mobutu; mais la guerre avait pris de l'ampleur. Comme Mzee avançait  et avait besoin d'argent pour payer les combattants et les armes pour lancer l’assaut sur Kinshasa, la capitale, Dan se frotta les mains et chercha comment entrer en contact avec le chef rebelle. Il lorgnait les gisements de diamants de l’est de la République. Les deux hommes s’entendent. « Dan » lève 20 millions de dollars pour financer la rébellion. En échange, il obtient de Laurent Désiré Kabila, devenu président, un quasi-monopole sur les diamants.

A la mort de « Mzee », assassiné le 16 janvier 2001, Joseph Kabila, alors âgé de 30 ans, le succède et prend le pouvoir. Le jeune juif va à sa rencontre au front, lorsque Joseph affrontait les Rwandais à l'Est de la Province du Katanga. Ayant besoin d'argent pour l'achat d'armes, le jeune président flatté accepte la main de Dan Gertler.

 

L’homme d’affaire juif joue sa carte et propose à Kabila de devenir son émissaire spécial avec mission de négocier avec les Etats-Unis. Il lui aurait aussi mis à disposition son jet privé.

Kabila et Dan Gertler déclarent ouvertement leur relation d'affaires et Kabila l'invite à son mariage à Kinshasa avec Olive Lembe. Ce temps-là, Augustin Katumba Mwanke, ancien gouverneur de la Province du Katanga, province énormément riche en ressources naturelles avait de la charme auprès du président Congolais. Malin qu'il était, Dan lia amitié avec l'ex. Gouverneur du Katanga. C'est lui, l'homme, à la haute main sur la gestion des matières premières qui avait facilité le juif à posséder la clé de la porte d'entrée et d'exploitation minière. Ce juif introduit Mwanke dans le judaïsme orthodoxe au début des années 2000 quand il était à côté de Mzee Laurent Désiré Kabila. Katumba avait fait de bonnes affaires avec Dan au nom de ces deux présidents qui se sont succédés. Grâce à ces négociations clandestines, si l'on peut le dire (La République Démocratique du Congo était sous l'embargo décrété par l'ONU), le Congo acheta les armes. Les diamants du Kasaï et de l'Est de la République étaient évalués à 20.000.000 USD et qui revenaient à Dan.


En 2009, Dan s'aventure dans l'exploitation minière. Il croise la naïveté sur sa route et tire énormément profit. Il achète une concession à vil prix, il le revend 1 à 2 an après à un prix record et entraîne l'état congolais dans sa maffia italienne. Il crée une entreprise aujourd'hui et la revend demain 100 fois plus qu'il l'avait monté. Un exemple épatant qui tire les vers dans le nez : il monte Emerald Star Enterprises, pour attirer l'attention de la société kazakh ENRC, une autre aventure sur le marché congolais qui a cherché à ruiner la RDC. Il achète la Société Minière de Kabolela & Kimpese (SMKK) à 15 millions de dollars et la revend 6 mois plus tard à ENRC pour un total de 75 millions de dollars. SMKK appartenait à la Gécamines. De même, Dan fait la même aventure à Sakania avec Fortune, et avec Frontier SA. La politique s'est mêlée, et l'Etat congolais s'est laissé rouler dans la farine. Induit en erreur par ce Dan pour déposséder First Quantum Minerals de sa filiale, la RDC a perdu plus de cent millions de dollars américains (100.000.000 USD) au profit de particulier. Dan a fait entraîné la RDC au Tribunal International CIRDI[1] et CCI[2] pour perdre les impôts et taxes que FQM devait payer. La Convention de Transaction d'Investissement[3] signé entre l'Etat Congolais et les entreprises concernées précise que l'Etat Congolais et CAMI (Carré Minier) renoncent  inconditionnellement, irrévocablement et définitivement, à tous les Droits et Actions et toutes autres procédures judiciaires ou administratives et toutes Responsabilités et Dettes en RDC relatives aux Sociétés Cibles ou aux projets miniers, ou s'y rattachent, et/ ou faisant l'objet de l'Arbitrage CCI, de l'Arbitrage CIRDI, du Jugement SODIMICO et/ ou du Jugement Kolwezi, qu'ils auraient exercés ou dont ils pourraient se prévaloir contre le Groupe FQM ou l'un, quelconque, de ses membres, et ou les Sociétés Affiliées, administrateurs, directeurs, employés, représentants, avocats et conseilleurs respectifs comme règlement transactionnel complet et définitif de tels droits et actions et autres procédures, étant toutefois précisé que cette renonciation ne s'étend pas aux causes et évènements postérieurs à la date de réalisation de l'opération.

Dan Gertler opère à travers sa société Fleurette basée à Gibraltar[4]. Il est soupçonné de créer des sociétés écran dans les Îles Vierges pour opérer des acquisitions en toute discrétion. Fleurette possède des actifs dans le secteur minier congolais via une soixantaine de sociétés offshore.

Fleurette détient un partenariat privilégié avec l'anglo-suisse GLENCORE qui exploite le cuivre et cobalt à Kolwezi. En 2014, les deux sociétés annoncent un investissement de $360 millions dans la rénovation de 2 turbines à Inga II.

Dan Gertler et son empire en RDC

Dan Gertler détient une société minière "CAMROSE Resources Ltd". Ses actifs comprenaient une participation de 60% dans Africo Resources, inscrite au Canada et détenaient 75% de la licence d'exploitation de Kalukundi ainsi qu'une participation indirecte de 56% dans COMIDE Sprl. En 2010, il a acquis Highwind Group, basé aux îles Vierges, qui détenait la licence d'exploitation du site de résidus de Kolwezi. En 2010, la Société eurasienne des ressources nationales (ENRC) a assumé le contrôle conjoint du projet Kolwezi. Plus tard cette année-là, ils ont acquis une participation majoritaire dans CAMOROSE et finalement racheté toute l'entreprise.

Avec sa famille, Gertler a également des participations dans des sociétés telles que Tremalt Ltd, DEM Mining, GEM, Nikanor PLC Copper, Catela Global, Emerald Star Enterprises Limited, Rowny Assets Limited et Biko Invest Corporation BVI, Emaxon Finance International Inc. et International Diamond Industries-Congo (IDI-Congo).

Malgré la controverse entourant ses opérations en RDC, ses vastes intérêts dans les minerais et son partenariat avec le milliardaire israélien Beny Steinmetz lui ont valu une valeur nette de 2,2 milliards de dollars.

Dan Gertler et les sanctions américaines.

En décembre 2017, le Trésor américain a émis des sanctions contre le milliardaire israélien Dan Gertler et 19 entreprises liées à lui en vertu de la Loi de 2016 sur la responsabilité des droits de l'homme de Global Magnitsky. Malgré des années de reportage sur les tractations controversées de Gertler en République Démocratique du Congo, c'est la première fois qu'une institution gouvernementale l'accuse directement de participation à la corruption de haut niveau.

L'annonce de décembre a déclenché une tempête, faisant la une des journaux du Financial Times, du Guardian, du Bloomberg, du Times, du New York Times et de bien d'autres. Les sanctions sont sans précédent et de grande envergure. Gertler est désormais dans l'impossibilité de se rendre aux États-Unis pour accéder à ses actifs détenus dans les États-Unis ou pour effectuer des transactions (échange d'argent, de biens ou de services) avec toute entité américaine. Toute société détenue à 50% ou plus par lui ou par ses sociétés est automatiquement sanctionnée - qu'elle figure ou non sur la liste. Les autorités américaines peuvent également choisir de sanctionner une société détenue à moins de 50% par Gertler, si elles déterminent qu'il exerce un contrôle.

De nombreuses banques, investisseurs et autres institutions financières utilisent la liste des sanctions de l'OFAC dans leurs procédures de diligence et de conformité. Cela signifie que, bien que les sanctions de l'OFAC ne s'appliquent immédiatement qu'aux États-Unis.

Dan Gertler et la société Glencore

Glencore avait un partenariat de 10 ans avec Gertler au Congo et, jusqu'au mois de décembre au moins, lui versait des redevances. La société a déclaré à Global Witness qu'elle "continue d'examiner sa position par rapport aux obligations contractuelles préexistantes à des sociétés appartenant à M. Gertler "Il a écrit qu'il" n'a fait aucun paiement à des entités appartenant à M. Gertler puisque (il) a été désigné "par l'OFAC et qu'il" respecte et maintient toutes les sanctions applicables. "

Alors que Glencore considère sa position, des questions clés demeurent. Par exemple: Les contrats seront-ils suspendus, résiliés ou annulés? Ou va-t-on laisser les redevances s'accumuler, avec intérêts, dans un compte séquestre, que Gertler pourrait récupérer s'il est retiré de la liste? Seront-ils redirigés par une banque non américaine dans une monnaie autre que le dollar? Ou peut-être qu'ils seront redirigés vers une société anonyme basée dans une juridiction de non-secret des États-Unis, dont les vrais propriétaires sont presque impossibles à vérifier. Ce sont tous des scénarios possibles et les investisseurs de Glencore devraient exiger la clarté sur exactement ce qui se passe.

Les investisseurs doivent identifier et évaluer si les sociétés dans lesquelles ils investissent sont réellement conformes et cesser tout investissement lié à des personnes désignées.

L'impact réel des désignations de décembre dépendra de la façon dont les entreprises et les investisseurs choisissent de s'y conformer, et si les autorités américaines sont capables de les surveiller et de les appliquer.

 

[1] Centre International pour le Règlement des Différents relatives aux investissements. Ce centre est basé à Washington (Etats-Unis d'Amérique).

[2] Chambre de Commerce International.

[3] Convention Transactionnelle d'Investissement 2012, p. 20-21.

[4] https:fr.wikipidia.org/wiki/Dan_Gertler#cite_note-forbes-4